Se séparer d'un commun accord

La convention de rupture de commun accord

Employeur et travailleur peuvent décider ensemble de mettre fin au contrat, à une date et à des conditions qu'ils fixent eux-mêmes. Une solution souple, à condition de bien mesurer ce qu'elle implique pour chacun.

Mis à jour le · Contenu relu par OPTIM HR, spécialiste en droit social

La convention en 5 points

  • Ni préavis ni indemnité imposés : tout se négocie, y compris la date de fin et un éventuel montant de départ.
  • Un écrit est indispensable pour prouver l'accord, sa date et ses conditions.
  • Le consentement doit être libre : une convention signée sous la menace ou dans la précipitation peut être annulée.
  • Le travailleur risque une sanction au chômage, puisqu'il accepte de perdre son emploi.
  • À ne pas confondre avec la transaction conclue après un licenciement pour régler un litige.
1 · Principe

Un contrat qui se termine comme il a commencé : par un accord

Article 32, 3° de la loi du 3 juillet 1978 : le contrat prend fin par la volonté des parties.

La rupture de commun accord n'est ni un licenciement ni une démission. Les deux parties décident ensemble que le contrat se termine, à une date convenue. Les règles du préavis ne s'appliquent pas, la CCT 109 sur la motivation non plus, et l'obligation d'outplacement ne joue pas.

Date libreimmédiate ou dans quelques semaines
Montant librede rien à une indemnité négociée
Pas de CCT 109aucune demande de motifs possible
2 · Contenu

Ce qu'une convention doit régler

Deux exemplaires signés, un pour chaque partie.

  • La date de fin du contrat

    Le dernier jour de travail et le dernier jour du contrat, s'ils diffèrent.

  • Le montant de départ éventuel

    Brut ou net, sa date de paiement, et ce qu'il couvre. Il est en principe traité comme une rémunération pour l'ONSS et le fisc.

  • Les éléments du décompte

    Dernier salaire, pécule de vacances de sortie, prime de fin d'année au prorata, jours de congé restants.

  • Les clauses qui survivent

    Confidentialité, non-concurrence (appliquée ou levée), restitution du matériel, de la voiture et des accès.

  • La communication

    Ce qui sera dit à l'équipe et aux clients, une lettre de référence éventuelle.

Laissez au travailleur le temps de lire et de se faire conseiller avant de signer. Une signature obtenue dans l'heure, à l'issue d'un entretien tendu, est une invitation à contester le consentement.
3 · Chômage

Le point qui fait souvent capoter la discussion

Réglementation du chômage : abandon d'un emploi convenable sans motif légitime.

En acceptant la rupture, le travailleur participe à la perte de son emploi. L'ONEM peut considérer qu'il est chômeur par sa propre faute et l'exclure temporairement des allocations, de quelques semaines à plusieurs mois, sauf s'il démontre un motif légitime.

Comme les allocations sont désormais limitées dans le temps (depuis le 1er mars 2026), beaucoup de travailleurs préfèrent un licenciement à une convention. L'employeur doit l'anticiper dans la négociation.

Ne présentez pas une convention comme « sans conséquence pour le chômage ». Si le travailleur est sanctionné, il pourra vous reprocher de l'avoir mal informé.
4 · Après un licenciement

La convention transactionnelle

Articles 2044 et suivants de l'ancien Code civil.

La transaction intervient après un licenciement, quand un litige existe ou menace : montant de l'indemnité, motif grave contesté, licenciement jugé déraisonnable. Chacun fait une concession, et le travailleur renonce à toute action en échange d'un montant.

Rupture de commun accord

  • Met fin au contrat.
  • Conclue avant la fin du contrat.
  • Le travailleur n'est pas licencié.

Transaction

  • Règle un litige né de la rupture.
  • Conclue après le licenciement.
  • Le licenciement reste un licenciement.
5 · Quand

Les situations où elle a du sens

Quand les deux parties ont intérêt à une fin rapide et discrète.

Le travailleur a un projet

Un nouvel emploi ou une activité indépendante qui démarre à une date précise.

Une collaboration usée

Personne n'a commis de faute, mais chacun veut tourner la page.

Un préavis trop long

Un départ négocié plus court qu'un préavis presté, avec un montant intermédiaire.

Un départ à sécuriser

Fonction de confiance, clients sensibles : les conditions de sortie sont écrites.

Questions fréquentes

Vos questions

Une rupture de commun accord peut-elle être orale ?
En théorie oui, en pratique jamais : sans écrit, il est impossible de prouver l'accord, sa date et ses conditions. Rédigez une convention en deux exemplaires signés.
Faut-il payer une indemnité ?
Non, rien n'est imposé. Mais un travailleur accepte rarement de renoncer à son préavis et de risquer une sanction au chômage sans contrepartie.
Peut-on conclure une convention avec un travailleur malade ou protégé ?
C'est juridiquement possible, mais le risque de contestation du consentement est plus élevé. Un accompagnement est fortement recommandé.
Le travailleur peut-il revenir sur sa signature ?
Pas librement. Il peut seulement demander l'annulation s'il prouve un vice de consentement : erreur, violence, dol. D'où l'intérêt de lui laisser un délai de réflexion.

Une convention à rédiger ?

OPTIM HR prépare la convention et calcule ce qui reste dû au travailleur.

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